Casinos en ligne : une législation floue

Alors que le marché des casinos en ligne continu son expansion depuis sa création en 1994, la législation française laisse planer un vide juridique. À savoir qu’en France, les sites reconnus sont ceux agrées par l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne) et seuls le poker et les paris sportifs en ligne sont légaux. Toujours est-il que le web fourmille de sites étrangers ; porteurs d’offres interdites pour les joueurs français.

Des risques d’arnaques

Chaque pays étant libre d’adopter sa propre politique face aux jeux d’argent sur le web, les casinos en lignes fourmillent sur le marché et toutes les offres proposées par les plateformes ne sont pas en accord avec la législation française. S’il est possible de trouver des casinos en ligne proposant de gagner de l’argent en jouant aux machines à sous, aux vidéos poker, au Blackjack ou encore à la roulette en ligne, ces pratiques ne sont pas autorisées pour les joueurs français.

Il arrive que certains, méconnaissant des règles, soient pris dans une arnaque. Ils n’auront alors aucun recours pour récupérer leur argent. Les opérateurs étrangers le savent et profitent parfois de ce vide juridique. Pour y remédier, les adeptes des jeux d’argent online peuvent consulter la liste des sites autorisés par l’organisme français ou avoir recours à des ce revues de casinos indépendantes , et ainsi réduire le risque d’arnaques. La publicité marque également un décalage entre notre législation et celle d’autres pays. En France, il est interdit de communiquer en faveur de la pratique des jeux d’argent en ligne, pour d’autres pays cette législation ne s’applique pas, leurs publicités ont donc la possibilité de toucher et d’attirer les joueurs français sur une plateforme de jeux non conformes.

L’ensemble des pays de l’Europe détiennent leur propre législation sur les jeux d’argent en ligne. Dans certains pays comme la Suisse, le gouvernement envisage une réglementation plus stricte en excluant les casinos en ligne étrangers. Cette nouvelle loi, soumise aux citoyens par referendum le 10 juin prochain, entend ainsi réduire les risques d’arnaques et la prolifération des sites illégaux sur le marché. Elle proposera également une répartition des bénéfices en faveur des organismes sociaux, sportifs ou culturels. Enfin, cette loi permettra en théorie de lutter contre les addictions en jeu en imposant aux casinos en ligne de bloquer l’accès aux personnes répertoriées interdites sur les fichiers de jeux. Si certains dénoncent une loi liberticide, d’autres y voient un moyen de lutter contre les arnaques ou le blanchiment d’argent.

Plus de 20 ans d’existence

Les casinos en ligne existent depuis 25 ans. Le premier d’entre eux a vu le jour au Canada, mis en place par des entrepreneurs anglais. Lancé sous le nom de Gaming Club, le père des casinos en ligne donnait alors la possibilité aux joueurs de s’essayer à des jeux d’argent par le biais des virements ou chèques bancaires. À l’époque, les développeurs anglais ont proposé une version minimaliste : de la roulette américaine, une table de black jack et trois machines à sous. Une offre limitée mais suffisante pour séduire les joueurs et lancer un marché florissant pour les années suivantes. Par la suite les chiffres parlent d’eux-mêmes, les offres se sont diversifiées et les casinos en ligne sont passés de 1 à 2000 sur le web. Un coup porté aux maisons de jeux en durs qui ont vu fuiter une bonne partie de leurs joueurs. Au fil du temps, l’engouement pour cette pratique ne semble pas s’atténuer et le nombre d’adhérents continuent d’augmenter régulièrement.

Les explications liées à ce phénomène sont simples : l’offre est variée, les adversaires ne manquent pas et un élément inédit dans l’histoire des casinos : les bonus. Offerts à l’inscription, ces gains atteignent parfois l’équivalent de 2 500 euros pour que les participants puissent se faire un peu la main. À l’instar des maisons de jeu en dur, les casinos en ligne offrent une possibilité pour les débutants ou les novices de s’essayer aux jeux d’argent sans miser directement de l’argent réel. Un bénéfice pour les internautes mais aussi pour les casinos en ligne. Grâce au virtuel, les frais de fonctionnement sont allégés. Ainsi, les maisons de jeux sur la toile peuvent proposer des rendements plus élevés que les casinos physiques, tout en conservant une marge égale. Des avantages dont les joueurs en ligne usent pour multiplier les chances de gagner de l’argent et minimiser les risques de perte.

L’avenir semble donc tracé pour les casinos en ligne, on peut supposer à forte raison que ces derniers vont continuer les extensions au profit des établissements en durs. Seules quelques questions persistent autour des règles qui régissent ce marché. Doit-on fermer les yeux sur un vide juridique et faire preuve d’une vigilance accrue si l’on souhaite pratiquer les jeux d’argent en ligne ou faut-il envisager, à l’image de nos voisins, une limitation du marché français online au risque d’engranger au mouvement restrictif sur le web ?

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